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Biographie de Ungan Donjō

  • Tirée de Gotō egen

Ungan Donjō venait de l’ancien Jianchang[1]. Il suivit une vingtaine d’années Hyakujō, sans parvenir à l’éveil. Après la mort de Hyakujō, Ungan se fit disciple de Yakusan.

Ungan avait pour ami proche son camarade Dōgo Enchi – leurs échanges sont largement cités. Ungan vécut plus tard sur la montagne Ungan à Tanzhou (près de Chōsha moderne). Parmi ses héritiers du Dharma se trouvait Tōzan, le fondateur de l’école caodong/sōtō.


  • D’où viens-tu ? lui demanda Yakusan.
  • De Hyakujō, répondit Ungan
  • Que dit Hyakujō à ses disciples ?
  • Il dit souvent : « J’ai un dicton qui est : “Les cent goûts sont complets.” »
  • Quelque chose de salé a un goût salé. Quelque chose de fade a un goût fade. Ce qui n’est ni salé ni fade a un goût normal. Qu’entend-on par l’expression : « Cent goûts sont complets » ?

Ungan ne sut pas répondre.

  • Qu’a dit Hyakujō sur la vie et la mort sous nos yeux ?

  • Il a dit qu’il n’y a ni vie ni mort sous nos yeux.

  • Combien de temps es-tu resté chez Hyakujō ?

  • Vingt ans.

  • Tu as passé vingt ans avec Hyakujō, mais tu ne t’es pas encore débarrassé de tes manières de rustre.


Un jour, alors que Ungan assistait Yakusan, celui-ci lui demanda :

  • Qu’est-ce que Hyakujō avait d’autre à dire ?

  • Une fois il a dit : « Dites plus de trois phrases et l’illumination est partie. Mais en six phrases, il y a de la compréhension. »

  • À 3 000 miles de distance, la joie ne se fait pas sentir.

Puis Yakusan demanda :

  • Qu’est-ce que Hyakujō a dit d’autre ?

  • Une fois Hyakujō est entré dans la salle pour s’adresser aux moines. Tout le monde s’est levé. Il a ensuite utilisé son bâton pour chasser tout le monde. Puis il a crié après les moines, et quand ils l’ont regardé, il a dit : « Qu’est-ce que c’est ? »

  • Pourquoi ne me l’as-tu pas dit avant ? Grâce à toi aujourd’hui, j’ai enfin vu Hai, mon frère aîné.

En entendant ces paroles, Ungan atteignit l’illumination


Un jour, Yakusan lui demanda :

  • À part au Mont Hyakujō, où as-tu vécu ?

  • J’étais à Guangnan [en Chine méridionale].

  • J’ai entendu dire qu’à l’est de la porte de la ville de Kōshū, il y a un grand rocher que le gouverneur local ne peut déplacer, n’est-ce pas ?

  • Pas seulement le gouverneur ! Tous les habitants de ce pays réuni ne pourraient le déplacer !


Un jour, Yakusan lui demanda :

  • J’ai entendu dire qu’on peut apprivoiser les lions. Est-ce vrai ?

  • Oui.

  • Combien peux-tu en apprivoiser ?

  • Six.

  • Je peux les apprivoiser aussi.

  • Combien en apprivoisez-vous ?

  • Un.

  • Un, c’est six. Six, c’est un.


Plus tard, Ungan résida chez Isan. Isan lui a demanda:

  • J’ai souvent entendu dire que lorsque tu étais chez Yakusan, tu apprivoisais les lions. Est-ce vrai ?

  • Oui.

  • Étaient-ils toujours sous contrôle, ou seulement de temps à autre ?

  • Quand je voulais qu’ils soient sous contrôle, ils l’étaient. Quand je voulais les relâcher, ils s’échappaient.

  • Quand ils s’échappaient, où étaient-ils ?

  • En liberté ! En liberté !


Ungan faisait du thé.

Dōgo lui demanda :

  • Pour qui fais-tu du thé ?

  • Quelqu’un en veut.

  • Pourquoi ne le laisses-tu pas le faire lui-même ?

  • Heureusement, je suis là pour le faire.


Un jour, alors que Ungan balayait, Dōgo lui dit :

  • Trop pressé !

  • Tu devrais savoir qu’il y a quelque chose qui n’est pas pressé.

  • Dans ce cas, y a-t-il une deuxième lune ?

Ungan leva le balai et dit : « Quelle lune est-ce ? »

Dōgo partit. (Gensha en entendit parler et dit : « Exactement la deuxième lune. »)


Après être devenu abbé, Ungan s’adressa aux moines en disant :

  • Il y a le fils d’une certaine famille. Il n’est pas de question à laquelle il ne peut pas répondre.

Tōzan s’avança et demanda :

  • Combien y a-t-il de livres classiques dans sa maison ?

  • Pas une ligne.

  • Alors comment peut-il être si bien informé ?

  • Jour et nuit, jamais il n’a dormi.

  • Peut-on l’interroger sur un sujet précis ?

  • Ce qu’il répond n’est pas dit.


Ungan demanda à un moine :

  • D’où viens-tu ?

  • De Tianxiang [visage céleste].

  • As-tu vu un Bouddha ou non ?

  • J’en ai vu un.

  • Où l’as-tu vu ?

  • Je l’ai vu dans le royaume inférieur.

  • Un ancien Bouddha ! Un ancien Bouddha !


Durant l’année 841, Ungan tomba malade. Après avoir donné l’ordre de préparer le bain, il appela le chef des moines et lui demanda de préparer un banquet pour le lendemain, car un moine partait. Le soir du vingt-sept du mois, il mourut.



Sources

  • Andrew E. Ferguson, Zen's Chinese heritage, 2000, ISBN 0-86171-163-7 978-0-86171-163-5.
  • Taisen Deshimaru, Dōgen, Le livre du kesa: Shobogenzo, Paris, 2000, ISBN 978-2-901844-25-9.